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Rinelle, violée, battue, jetée à l’eau, mais vivante

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Rinelle, violée, battue, jetée à l’eau, mais vivante

Rinelle, violée, battue, jetée à l’eau, mais vivante

Hier soir, tandis que nous lançions « Soeurs volées », Rinelle, 16 ans, se remettait lentement de son agression dans un hôpital de Winnipeg.

Rinelle Harper, mais rien à voir avec qui vous savez.

Winnipeg, encore.

Winnipeg est un autre Vancouver : les femmes autochtones y sont en danger.

Or donc, Rinelle Harper, 16 ans, étudiante au Southeast Collegiate, une école de Winnipeg pour les jeunes Autochtones, gérée par neuf Premières nations du nord-Manitoba. Rinelle vient de la communauté crie de Garden Hill, accessible uniquement par avion et par bateau, sauf l’hiver, par la route de glace. Un village de 3700 habitants, posé au milieu de centaines de lacs.

On met 1H15 pour voler de Garden Hill à la capitale du Manitoba ; 610 kilomètres.

Rinelle et sa famille sont venus s’installer à Winnipeg, possiblement quand Rinelle a commencé la high school. On comprend bien l’idée. A 16 ans, on a envie de quitter sa réserve et voir le monde s’ouvrir à soi.

Vendredi soir dernier, Rinelle est sortie dans Winnipeg avec des amis de l’école. Samedi matin, un passant l’a trouvée étendue sur la rive de la rivière Anissiboine (du nom d’un peuple nakota).

Après avoir flâné avec ses amis, Rinelle a suivi deux gars qu’elle venait de rencontrer en ville, un de 20 ans, l’autre de 17 ans. Il était autour de minuit. Ils se sont promenés jusque sur les bords de la rivière. Alors, si j’ai bien compris le communiqué de la police, ils l’ont violée. Rinelle a ensuite été jetée par les deux hommes dans l’eau glacée de la rivière, mais elle en est ressortie et ils l’ont alors frappée « avec une arme ». Et puis ils se sont sauvés. Etait-elle inconsciente, elle était en tout cas étendue sur la rive, en hypothermie, gravement blessée ; quand un homme, par hasard, l’a trouvée.

Deux heures plus tard, les mêmes ont frappé et violé une autre femme. Ce mercredi après-midi, ils viennent d’être arrêtés et mis en prison.

Depuis les errements policiers liés à la mort de Tina Fontaine, depuis qu’un maire Métis cri a été élu, on dirait que la police de Winnipeg veut faire vite et mieux ; tant mieux. Mais combien de Tina et de Rinelle à Winnipeg, combien encore ?

Ce soir, il neigeait à Winnipeg.

On apprenait ce soir, grâce à l’excellent journaliste de la télé autochtone canadienne APTN, Jorge Barrera, qui est l’homme suspecté d’avoir violé et battu Rinelle. C’est un jeune Autochtone toxicomane, grandi dans les foyers de protection de l’enfance à Winnipeg, issu de la Poplar River First Nation, une réserve située à 400 km au sud de Winnipeg.

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